Les chefs de file de la lutte contre la TB se penchent sur l’avenir de la recherche et de l’innovation

Image shows Her Excellency Nozipho Joyce Mxakato-Diseko, Permanent Representative of South Africa in Geneva, speaking at the event about the commitment of her country to end the TB epidemic.

Le 13 juin, la Mission permanente de l'Afrique du Sud à Genève, avec le soutien de l'Union et d'autres ONG partenaires, a réuni les missions des Nations Unies (ONU) pour une réunion d'information sur la recherche et l'innovation en matière de tuberculose (TB). Des représentants de 11 pays ont rencontré des scientifiques, des partenaires commerciaux et d’anciens patients de la tuberculose pour discuter des moyens dont disposent les dirigeants mondiaux pour respecter les engagements essentiels pris à la réunion de haut niveau des Nations Unies sur la tuberculose (HLM) en faveur de la recherche et de l'innovation.

La toute première réunion de haut niveau des Nations Unies sur la tuberculose, qui s'est tenue en septembre 2018, a marqué une avancée importante dans la lutte contre l'épidémie de tuberculose : à cette occasion, les dirigeants du monde entier se sont engagés à promouvoir la recherche-développement (R&D) en matière de tuberculose.

Son Excellence Mme Nozipho Joyce Mxakato-Diseko, représentante permanente de l'Afrique du Sud à Genève, a réaffirmé l'engagement de son pays à mettre fin à l'épidémie de tuberculose, ainsi que les efforts déployés par l'Afrique du Sud pour proposer des traitements plus abordables. « J’ai survécu à la tuberculose », a-t-elle rappelé. « Je suis la preuve vivante que l'on peut gagner la bataille contre la maladie. Mais nous sommes tous préoccupés par le coût élevé des nouveaux diagnostics, et le coût des traitements a augmenté lui aussi, même s’il y a eu une hausse des volumes en parallèle. Ces hausses doivent cesser. »

La tuberculose devrait coûter 17 000 milliards d’USD à l'économie mondiale d'ici à 2050. La seule façon d'y remédier est d'investir dans la recherche pour développer de nouveaux diagnostics, de nouveaux traitements ainsi qu’un vaccin - autant d’éléments essentiels pour mettre fin à la tuberculose. Le déficit actuel de financement en matière de R&D s’élève à 1,3 milliard d’USD par an, or les coûts de recherche-développement nécessaires pourraient être inférieurs à 1 % de la charge économique totale de la maladie.

« Nous ne bénéficions pas des financements dont nous avons besoin pour la recherche sur la tuberculose. Nous devons donc veiller à ce que les fonds dont nous disposons soient utilisés de la manière la plus efficace possible », a déclaré le Dr Grania Brigden, Directrice adjointe du Département Tuberculose et VIH de L'Union. Le Dr Brigden et d'autres intervenants ont évoqué plusieurs moyens pour aider à surmonter ces insuffisances en matière de R&D, notamment : le partage des données, la mise en commun des brevets, et la nécessité que les financements publics en faveur de la R&D soient assortis de règles pour garantir que les outils ainsi élaborés soient accessibles à tous ceux qui en ont besoin.

« La bonne nouvelle ? Cela fait longtemps que les initiatives de R&D sur la TB n’avaient pas été aussi prometteuses. Plusieurs nouveaux médicaments sont en cours d’élaboration. Ce que nous voulons, ce n'est pas nécessairement un nouveau médicament, mais un nouveau schéma thérapeutique - un traitement entièrement administré par voie orale qui soit court et financièrement abordable », a déclaré Esteban Burrone, Chef en charge des politiques publiques au Medicines Patent Pool.

Le projet de Stratégie mondiale pour la recherche et l'innovation sur la tuberculose élaboré par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) vise à soutenir les efforts des pouvoirs publics et des autres partenaires pour accélérer la recherche et l'innovation. En établissant des objectifs et des priorités clairs quant aux progrès scientifiques nécessaires pour mettre fin à l'urgence sanitaire mondiale que représente la tuberculose d'ici à 2030, ce document définit un cadre qui pourrait contribuer à la réalisation des engagements pris à la réunion de haut niveau des Nations Unies.

« Notre principal objectif est de fournir à tous les États membres un cadre d'interventions pour éliminer les obstacles susceptibles d’entraver la recherche et l'innovation en matière de tuberculose, ceci afin de contribuer à la réalisation des buts et des cibles définis par la stratégie de l’OMS pour mettre fin à la TB », a déclaré le Dr Tereza Kasaeva, Directrice du Programme mondial de lutte contre la tuberculose à l’OMS. « Nous devons aligner les processus de recherche-développement avec la cascade de soins : cela signifie que nous devons comprendre clairement les besoins des patients dès le départ et veiller à ce que ces indications soient prises en compte pour améliorer les soins. »

Cet événement, intitulé The Way Forward for TB Innovation and Research: One year on from the UN High-Level Meeting, (La marche à suivre pour la recherche et l’innovation en matière de tuberculose : le point un an après la réunion de haut niveau des Nations Unies) a été organisé par la Mission permanente de l'Afrique du Sud et d'autres organisations internationales à Genève, avec le soutien de L'Union, du Medicines Patent Pool, de Médecins Sans Frontières, du Partenariat Halte à la tuberculose, du Treatment Action Group et Centre Sud.

Son Excellence Nozipho Joyce Mxakato-Diseko, représentante permanente de l'Afrique du Sud à Genève, a réaffirmé l’engagement de son pays à mettre fin à l’épidémie de tuberculose.

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