Une étude de L’Union montre l’efficacité d’un traitement de courte durée pour la tuberculose résistante aux médicaments jusqu’à 24 mois après la fin du traitement

Les résultats d’une étude pilotée par L’ Union publiés aujourd’hui dans un journal du Lancet EClinicalMedicine montrent qu’un traitement contre la tuberculose résistante à la rifampicine (TB-RR), raccourci à neuf mois et administré aux patients dans des conditions programmatiques, garde un bon niveau d’efficacité jusqu’à 24 mois après la fin du traitement. Jusqu’à présent il y avait peu de données sur l’efficacité à long terme de ce traitement.

L’étude rapporte les résultats pendant et après le traitement de ce protocole contenant un médicament injectable, la kanamycine, et de la moxifloxacine à dose normale, parmi 1006 patients de neuf pays francophones d’Afrique. Des cultures d’expectoration ont été réalisées tous les six mois jusqu’à 24 mois après la fin du traitement. Le risque d’issue défavorable, d’échec et de rechute, et de décès, pendant et après le traitement, a été analysé selon les caractéristiques individuelles des patients et leur sensibilité initiale aux médicaments. Le succès du traitement sans rechute a été de 79,3 % parmi les personnes ayant reçu le traitement entre 2013 et 2015, et le pourcentage combiné d’échec et de rechute a été de 9,6 %. Ces résultats programmatiques sont très similaires à ceux de la phase 1 de l’essai clinique randomisé STREAM.

“Nous pensons que cette étude a une grande importance pour la santé publique car elle montre les bons résultats à long terme de ce traitement dans des pays à revenus faibles ou intermédiaires” déclare Valérie Schwœbel, premier auteur de l’étude et consultante à L’Union. « Nous espérons voir des données similaires de haute qualité sur le succès à long terme post-traitement d’autres protocoles thérapeutiques de la tuberculose résistante, notamment de traitements complètement oraux. »

Selon les données les plus récentes de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les issues de traitement pour les personnes atteintes de tuberculose multirésistante (MR) et de TB-RR montrent un taux de succès thérapeutique de 56 %. La majorité de ces patients pourraient bénéficier de traitements plus courts. Le protocole utilisé dans cette étude fait partie des protocoles recommandés dans les directives de l’OMS de 2016. Dans la révision de ces directives en 2018, l’OMS a maintenu cette recommandation en y ajoutant des précautions supplémentaires et des critères d’exclusion.

Les résultats appuient la recommandation de l’OMS selon laquelle toutes les personnes ayant une TB-RR devraient se voir proposer un test de sensibilité aux fluoroquinolones, et ils renforcent sa recommandation de 2018 d’utiliser ce protocole pour les patients probablement sensibles aux fluoroquinolones de dernière génération, mais ils ne soutiennent pas les critères d’exclusion basés sur la résistance à d’autres médicaments que les fluoroquinolones.

L’Union fournit un soutien pratique basé sur les faits aux pays qui mettent en œuvre les traitements de la tuberculose résistante aux médicaments. Une autre étude pilotée par L’Union, récemment publiée, a évalué pour tout le Niger la prise en charge de la TB-RR de 2008 à 2016 par un protocole court comprenant un médicament injectable ;  le taux de succès sans rechute est de 83 %.

L’Union soutient le mouvement actuel en faveur des traitements oraux pour la TB-RR. Recueillir des données de haute qualité sur des protocoles courts entièrement oraux dans un cadre de recherche opérationnelle, y compris en évaluant le taux de rechutes, est nécessaire afin de s’assurer que ces protocoles améliorent les résultats de traitement des personnes atteintes de TB résistante.


 

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