Message du Directeur Exécutif

Message du Directeur Exécutif

Il est temps d’avancer dans la lutte contre la tuberculose. Le rapport de la Commission du Lancet sur la tuberculose, publié cette semaine, fournit une feuille de route pour y parvenir.

Message du Directeur Exécutif, José Luis Castro, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose (24 mars 2019)

L’annonce récente d’un second cas de rémission du VIH a suscité en moi un regain d’espoir. C’est dans des moments comme celui-ci que nous voyons qu’il est possible, que nous sommes capables, d’accomplir d’énormes progrès contre une maladie qui, il y a seulement trente ans, était intraitable et entraînait la mort.

Si ce développement essentiel est encore loin de mettre un terme à l’épidémie de sida, de telles avancées sont nécessaires aussi bien pour le progrès scientifique que pour notre moral. Cela nous encourage à poursuivre le combat, en dépit des obstacles considérables qui demeurent.

La lutte contre la tuberculose s’est elle aussi accompagnée de moments comme celui-ci.

La mise au point du vaccin BCG, la découverte de la streptomycine et d’autres antibiotiques qui ont conduit au premier traitement contre la tuberculose, les diagnostics rapides qui permettent de distinguer en quelques heures les souches résistantes aux médicaments, les schémas thérapeutiques améliorés et raccourcis qui atténuent les effets secondaires. On pourrait citer encore de nombreux autres exemples.

Et en septembre dernier, lorsque les dirigeants du monde se sont donné rendez-vous pour assister à la réunion de haut niveau des Nations Unies sur la tuberculose et ont approuvé la toute première déclaration politique contenant des engagements concrets en faveur d’objectifs mesurables visant à éliminer la maladie, j’ai eu l’heureuse sensation qu’un cap décisif était en train d’être franchi.

Je pense que chacun d’entre nous a perçu cet épisode comme un moment historique et ressenti que toutes les conditions sont réunies pour mener une action décisive pouvant apporter des avancées déterminantes.

Désormais, avec le document que la Commission du Lancet sur la tuberculose vient de publier, à quelques jours de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, nous disposons d’une feuille de route qui présente la marche à suivre pour voir se concrétiser les progrès que nous attendons.

S’appuyant sur l’expérience et l’expertise de 37 spécialistes de la tuberculose issus de 13 pays, le rapport énonce cinq investissements prioritaires pour éliminer la tuberculose en une génération. Les auteurs recommandent de faire en sorte que des diagnostics et des traitements de qualité soient disponibles partout où le besoin s’en fait sentir, d’aller au-devant des populations à haut risque et de faciliter leur accès aux moyens de prévention et de dépistage de la tuberculose, d’accroître les investissements dans la recherche-développement (R&D), d’investir dans la recherche sur la tuberculose en tant que responsabilité partagée et de réclamer des comptes aux pays et aux acteurs du secteur.                

Le rapport répartit ainsi en cinq catégories les actions de lutte contre la tuberculose, en insistant d’abord sur le renforcement des interventions existantes pour faire en sorte que des tests et des traitements de qualité soient facilement accessibles partout où le besoin s’en fait sentir, et cibler les groupes à haut risque comme les personnes vivant avec le VIH et les enfants sous traitement préventif.

Deuxièmement, il faut accroître les investissements dans la R&D sur la tuberculose. Le rapport montre que l’investissement dans la R&D sur la tuberculose offre un retour sur investissement élevé, compris entre 16 et 82 US$ pour chaque dollar dépensé. De même, l’avantage économique pour les pays fortement touchés par la maladie est considérable. On estime en effet que les économies réalisées en évitant un décès dû à la tuberculose sont trois fois supérieures au coût du traitement, et ce taux est probablement encore plus élevé dans de nombreux pays.

Enfin, en établissant un mécanisme d’obligation redditionnelle, nous pourrons réclamer des comptes aux gouvernements et aussi évaluer et réviser notre action contre la tuberculose pour nous assurer que nous allons dans la bonne direction. En assumant cette responsabilité en tant que communauté mondiale, nous ne faisons par reposer le fardeau de la lutte contre à la tuberculose sur un gouvernement ou une entité en particulier. Nous nous engageons au contraire à assumer cet enjeu d’importance mondiale de façon partagée.

Avec la mise en place prochaine de l’Observatoire de la tuberculose, une évaluation annuelle indépendante qui examine les progrès réalisés par les pays dans la réalisation des objectifs énoncés dans la déclaration politique sur la tuberculose, nous pourrons mesurer nos succès et quantifier les progrès accomplis. Dirigé par les commissaires du rapport publié par The Lancet, cet outil nous permettra de veiller à ce que les promesses faites lors de la réunion de haut niveau des Nations Unies sur la tuberculose se traduisent en mesures concrètes – et en vies sauvées.

Cette année, la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose est placée sous le thème « Il est temps ». On ne saurait imaginer de thème plus approprié pour cette année. En effet, en tant que communauté, nous nous tenons prêts pour la prochaine grande étape.

Il est temps d’avancer. Il est temps de mettre fin à la tuberculose.