Message du Directeur Exécutif

Message du Directeur Exécutif

L'Inde détient la clé pour mettre un terme à l'urgence de la tuberculose

José Luis Castro, 22 octobre 2019

Une semaine, c'est long en matière de politique comme de santé mondiale !

Il y a une semaine, nous nous sommes félicités du succès de la reconstitution des ressources du Fonds mondial. En effet, les efforts de plaidoyer ont permis de réunir un montant record de plus de 14 milliards d’US$. Bien qu'il s'agisse là d'un témoignage éloquent de l'engagement des pouvoirs publics à lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme, nous savons que cela ne suffira pas en soi à infléchir la trajectoire de l'épidémie.

La semaine dernière, l'ampleur du défi a été clairement mise en lumière dans le Rapport 2019 sur la lutte contre la tuberculose dans le monde publié par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). La bonne nouvelle, c'est que le taux de mortalité continue de diminuer régulièrement : 1,5 million de personnes sont décédées de la tuberculose en 2018, contre 1,6 million en 2017. Nous avons également constaté des progrès en matière de détection et de diagnostic : 7 millions de personnes dans le monde ont été diagnostiquées tuberculeuses et soignées, contre 6,4 millions en 2017.

Cependant, environ 10 millions de personnes ont contracté cette maladie en 2018, dont 1,1 million d'enfants, et les progrès sont encore bien loin d’être suffisants pour atteindre les objectifs de 2030. Ces derniers ne resteront qu’un vœu pieux, à moins d'un changement radical dans les moyens employés pour y parvenir.

En particulier, nous n’en sommes qu’au tout début en matière de prévention. Si nous voulons avoir une chance réaliste d'éradiquer la tuberculose, nous devons mettre en place la prévention de la maladie partout où nous la soignons. En 2018, un peu plus d'un quart des enfants exposés à un risque d'infection tuberculeuse avaient accès à une thérapie préventive. Par ailleurs, parmi les adultes négatifs au VIH, la couverture du traitement préventif a diminué de 30 % depuis 2017.

Nous avons un besoin urgent de nouveaux outils et de médicaments abordables et accessibles pour intensifier nos actions. Nous devons également nous attaquer aux facteurs sous-jacents comme le tabagisme, le diabète ou le VIH et, à plus long terme, aux facteurs sociaux et environnementaux, la nutrition, le logement et la qualité de l'air.

La semaine prochaine, la 50e Conférence mondiale de L’Union sur la santé respiratoire se déroulera à Hyderabad. Il est particulièrement approprié qu’elle se tienne en Inde, le pays le plus touché par la tuberculose, avec un quart des cas à l’échelle mondiale, mais qui est aussi à l'avant-garde des efforts visant à mettre fin à l'épidémie.

Sous la direction du Premier ministre Modi, le gouvernement indien a fait de la lutte contre la tuberculose une priorité centrale et a pris l’engagement audacieux d’y mettre fin d'ici 2025, cinq ans avant l'objectif convenu au niveau mondial. Cette promesse est étayée par des engagements financiers et une stratégie nationale globale, qui est mise en œuvre au niveau national et au niveau des États.

Lors de la conférence de la semaine prochaine, nous accueillerons des responsables de très haut niveau du gouvernement indien et du secteur privé, ainsi que des représentants de l'Organisation mondiale de la santé et de nombreux autres partenaires et membres du monde entier, afin de discuter de solutions novatrices dans tous les domaines.

D’importants progrès seront annoncés en matière de diagnostic, de traitement et de prévention, mais aussi d'interventions politiques. Nous attendons jusqu'à 4 000 délégués, notamment des dirigeants politiques, des responsables de la santé, des médecins, des chercheurs, des infirmier(e)s, des anciens patients tuberculeux et des représentants d'organisations de la société civile.

Cette conférence est la première qui se tiendra en Inde en plus d'un demi-siècle. De plus, elle accueillera le premier Sommet des anciens patients, un programme communautaire actif, et de nombreux événements et symposiums portant sur tous les aspects de la tuberculose et de la santé respiratoire.

Nous nous réjouissons par avance de découvrir des données scientifiques, des personnes et des partenariats extraordinaires. Et, en ce moment crucial pour la lutte contre la tuberculose, je crois que nous avons la possibilité d'apporter les changements nécessaires pour mettre fin à cette situation d'urgence.