Message du Directeur Exécutif

Message du Directeur Exécutif

Journée mondiale sans tabac 2019 : mettre l’accent sur la prévention

Message du Directeur exécutif, José Luis Castro, Mai 2019

En cette Journée mondiale sans tabac, le 31 mai, les acteurs de la santé mondiale soulignent les répercussions profondes du tabagisme sur les maladies respiratoires, dont il est l'un des principaux facteurs de risque.

Le tabac entraîne chaque année plus de huit millions de décès, dont 3,3 millions dus à des maladies respiratoires telles que la tuberculose, le cancer du poumon ou la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO).

Le tabagisme constitue un facteur de risque majeur pour la tuberculose, augmentant considérablement le risque de contracter cette maladie et altérant grandement la réaction de l'organisme au traitement. De plus, les recherches de l'Union ont démontré que la consommation de tabac doublait le risque de tuberculose récurrente chez les adultes ayant guéri de la maladie à l’issue d’un traitement complet. Les enfants et les adultes exposés au tabagisme passif sont plus susceptibles de développer la tuberculose.

Il faut savoir qu'environ un quart de la population mondiale est infectée par la bactérie de la tuberculose, celle-ci pouvant demeurer à l’état « dormant » dans l'organisme pendant des mois, voire des années, avant d’évoluer vers la forme active de la maladie. Cette infection tuberculeuse n'est pas contagieuse et peut être traitée. Mais sans traitement, environ 5 à 10 % des personnes porteuses développeront la maladie tôt ou tard.

Cela représente environ 1,87 milliard de personnes dans le monde qui vivent avec un risque accru de développer la tuberculose - une maladie qui peut être complètement évitée et traitée.

Si l'on ajoute à cela le tabagisme – un facteur de risque évitable – ce sont autant de souffrances terribles qui pourraient être évitées et que nous, acteurs de la santé mondiale, avons pour devoir d’empêcher.

La prévention doit être au cœur de nos initiatives pour lutter contre le tabac et la tuberculose. Nous devons tout faire pour réduire le tabagisme et assurer le dépistage et la prévention de la tuberculose dans le cadre d'un ensemble complet de services de santé accessibles à tous, si nous souhaitons atteindre l'Objectif de développement durable des Nations Unies qui vise à assurer la bonne santé et le bien-être de tous.

L'Union s'emploie à renforcer la mise en œuvre de la convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), qui définit des mesures politiques ayant fait leurs preuves pour réduire le tabagisme. Nos travaux ont aidé plus de 50 pays à mettre en œuvre des politiques de lutte antitabac telles que l'apposition de mises en garde sanitaires sur les emballages, l'interdiction de la publicité pour le tabac, l’instauration d’environnements sans fumée et l'augmentation des taxes sur les produits du tabac, mesures dont plusieurs milliards de personnes dans le monde ont ressenti les effets.

Dans le domaine de la tuberculose, l'Union a mis en œuvre des programmes de prévention très efficaces qui dépistent systématiquement toutes les personnes se trouvant en contact étroit avec un individu recevant un traitement antituberculeux, et qui veillent à ce que celles-ci reçoivent un traitement préventif ou un traitement antituberculeux, s'il y a lieu. Cela permet de s'assurer que les personnes à risque ou les enfants difficiles à diagnostiquer faute de diagnostic adéquat soient pris en charge avant qu'il ne soit trop tard.

Mais ces programmes ne suffisent pas. Il nous faut adopter une politique de santé publique plus large mettant l'accent sur la prévention si nous espérons obtenir des avancées dans la lutte contre ces menaces pour la santé mondiale. Il est de notre devoir de faire en sorte que les individus, partout dans le monde, disposent des connaissances et des outils idoines pour se maintenir en bonne santé et se prémunir totalement contre ces maladies.

En cette Journée mondiale sans tabac, unissons-nous pour prévenir le tabagisme et traiter la tuberculose à temps. Nous devons – nous et nos gouvernements – rendre compte de nos actions s’agissant de prévenir la tuberculose et les maladies liées au tabac - ou bien accepter d’être tenus responsables des souffrances inutiles et des décès évitables de millions de personnes dans le monde.