Message du Directeur Exécutif

Message du Directeur Exécutif

Personnes, partenariats et prévention

José Luis Castro, 31 juillet 2019

Alors que le Centenaire de L’Union approche à grands pas et que nous continuons d’élaborer notre nouvelle stratégie quinquennale, j’ai pris le temps de réfléchir aux accomplissements historiques de notre mouvement et de m’interroger sur ce que nous devons faire pour assurer sa réussite, aujourd’hui et demain.

Il y a près d’un siècle, nos fondateurs ont uni leurs forces pour créer une organisation visant à développer la base de données factuelles nécessaire pour mettre fin à l'épidémie de tuberculose et diffuser ces connaissances dans le monde entier. Depuis, L'Union s’est transformée en un mouvement mondial qui a accompli d'énormes progrès et sauvé des millions de vies. 

Aujourd'hui, nous sommes parvenus à un point critique de ce cheminement, et une occasion unique se présente devant nous. La réunion de haut niveau des Nations Unies sur la tuberculose de 2018 a permis de réunir les gouvernements du monde entier autour d'un programme commun pour fixer des échéances concrètes et formaliser leur engagement politique. Aujourd’hui, c’est à nous qu'il revient - professionnels de santé, scientifiques et chercheurs, anciens patients et membres des communautés affectées par la maladie, activistes de la société civile et parlementaires, entre autres - d’œuvrer tous ensemble pour veiller à ce que les gouvernements tiennent les engagements pris envers les citoyens. 

C'est un grand motif d’espoir, et pour concrétiser notre vision d'un monde débarrassé de la tuberculose et des maladies respiratoires, je suis persuadé que nous devons mettre l’accent sur les personnes, les partenariats et la prévention.

Mettre l’accent sur les personnes, cela signifie que les solutions mises au point doivent être éclairées par l’expérience concrète des anciens patients et des communautés affectées par la tuberculose. Il est essentiel de les écouter pour veiller à ce que les solutions que nous élaborons soient centrées sur les personnes et s’appuient sur les meilleures données factuelles disponibles. 

Mettre l’accent sur les partenariats, cela signifie ne pas s’en remettre uniquement à une communauté d’experts relativement restreinte, mais interagir et communiquer avec un éventail d’acteurs beaucoup plus large. La déclaration politique des Nations Unies s’engage à œuvrer dans plusieurs secteurs tels que la nutrition, la finance, le droit du travail, la protection sociale, l’éducation, la science et la technologie, la justice, l’agriculture, l’environnement, l’immobilier, le commerce et le développement – et à collaborer plus étroitement avec les secteurs public et privé. 

Nous avons besoin de ces nouveaux partenaires pour insuffler des idées neuves dans la conception des solutions à venir, et reproduire à plus grande échelle des solutions ayant déjà fait leurs preuves. Abolir les silos existants représente un défi pour la quasi totalité des organisations et des communautés. Mais à la faveur d’une politique d’ouverture concertée, nous pouvons établir des passerelles avec les nouveaux partenaires et alliés dont nous avons besoin pour éliminer la tuberculose. Cette démarche sera l’un des axes majeurs de notre plan stratégique et du programme pour le Centenaire de L’Union, et nous sommes déjà en contact avec des chefs d’entreprises en prévision de la 50ème Conférence mondiale de L’Union à Hyderabad

Le dernier point essentiel est la prévention. Cette semaine, nos confrères ont lancé un appel à l’action lors de la Conférence de la Société internationale sur le sida (IAS) afin de placer six millions de personnes séropositives sous traitement préventif contre la tuberculose. Nous avons également annoncé un nouveau partenariat avec Sanofi pour mettre au point un programme de formation en ligne sur la prise en charge de l’infection tuberculeuse latente (ITL).

Comme je l’ai écrit le mois dernier, nous devons investir de manière urgente dans la prévention si nous voulons avoir la moindre chance de mettre fin à l’épidémie de tuberculose. En fournissant un traitement préventif systématique aux groupes à haut risque tels que les enfants, nous pouvons réduire considérablement le nombre de personnes souffrant de la tuberculose et de maladies respiratoires chroniques consécutives à celle-ci.

Un quart de la population mondiale est porteuse de la tuberculose latente, et nous n’atteindrons jamais nos objectifs si nous négligeons cet état de fait. Dans le cadre des engagements pris à la réunion de haut niveau des Nations Unies, les parties prenantes ont exprimé la volonté de placer 30 millions sous traitement préventif contre la tuberculose d’ici à 2022. L’accent mis sur la prévention s’avèrera déterminant à bien d’autres égards. Lorsque nous évoquons le droit des personnes à accéder à la prévention, l’éradication de la tuberculose devient associée aux besoins des individus et des familles et s’inscrit directement dans la mise en place de la couverture santé universelle. 

En 1920, les antibiotiques n’existaient pas, sans parler des techniques d’amplification de l’ADN ou de séquençage du génome. Aujourd’hui, malgré les nouveaux défis que nous devons relever, nous disposons des connaissances, outils et capacités nécessaires pour permettre une coopération à l’échelle mondiale, chose que n’auraient pu imaginer les fondateurs de L’Union. Leur courage et leur vision devraient nous inciter à être plus optimistes que jamais quant à l’éradication de la tuberculose et des autres maladies respiratoires.